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2006 : UN MILLESIME PASSIONNANTLes multiples dégustations de vins organisées fin mars et début avril, aux quatre coins du vignoble girondin, ont permis aux professionnels de se faire une première idée du millésime 2006, en ce qui concerne les vins de Bordeaux. Après le millésime 2005, exceptionnel par sa qualité, son opulence et son homégénéité, le 2006 constitue un retour à la normale, avec des vins plus conformes aux standards classiques et une climatologie également plus proche des moyennes saisonnières. Sur ce dernier point cependant, on n'oubliera pas qu'après un printemps parfois caniculaire, le mois d'août fut assez frais et un peu morose, et septembre marqué par une succession de chaleurs intenses et de pluies tropicales. Le reste de l'arrière saison fut très beau, avec des jours d'été magnifiques fin septembre et début octobre. Les dégustations proposées ont permis de constater que les terroirs précoces avaient mieux que les autres su déjouer les pièges des intempéries. La preuve est faite avec la réussite unanimement saluée des vins de Pomerol et de l'appellation Pessac-Léognan, blancs et rouges bien compris. Tous ces vins affichent une finesse et une élégance très bordelaises, beaucoup de pureté, et un charme extrêmement séduisant. Ces qualités se retrouvent dans l'ensemble du vignoble des Graves, ainsi qu'à Fronsac et à Lalande de Pomerol, où le merlot a visiblement fait merveille, avec une grâce et une rondeur pleines d'agrément. 2006 sera de toute évidence une très grande année de vins blancs. Le professeur Dubourdieu évoque des « blancs secs très aromatiques, minéraux et fruités, denses et racés ». Les blancs liquoreux constituent une surprise de taille, et on n'attendait une telle qualité. C'est vrai surtout pour les grands terroirs de Sauternes et Barsac, qui ont donné des volumes limités, mais des vins étonnants de profondeur, de richesse et d'ampleur aromatique. Dans le Médoc, des différences sensibles apparaissent, selon la nature du terroir, l'âge des vignes, la pluviométrie, le cépage, et bien entendu, la stratégie du viticulteur. Avec 60 crus classés, 400 crus bourgeois et assimilés, 44 crus artisans, les vins de coopératives et tous les seconds vins, le Médoc se présente comme un réservoir de bonnes adresses pour l'amateur. Il est évident que les plus grands crus sont au rendez-vous, la preuve est faite à Saint-Estèphe et Pauillac, notamment. Mais il paraît encore bien tôt pour faire une sélection crédible à l'intérieur d'une aussi vaste gamme de vins, et plus que d'autres, le Médoc souffre sans doute de la précocité de ces dégustations en primeur. C'est pourquoi de nombreux professionnels ont jugé utile de revenir à Bordeaux au moment de Vinexpo, et de regoûter ces vins. Les vins de Saint-Emilion ont montré, comme à Pomerol et à Pessac-Léognan, des réussites emballantes, principalement sur les terroirs déjà consacrés. Mais pas partout. Certains vins ont paru trop extraits, voire exagérément boisés ou concentrés, qualités d'hier qui passent pour des défauts aujourd'hui. Au Château Cheval Blanc, le directeur Pierre Lurton ne cache pas que « l'expérience et le terroir ont permis de corriger les accidents climatologiques, ainsi qu'une sélection rigoureuse pendant le ramassage ». A ce prix, il évoque sans détour « un grand millésime, qui allie l'intensité aromatique, l'élégance et la fraîcheur ». Mais tous les vins de Saint-Emilion n'ont pas le terroir de Cheval Blanc, et comme dans le Médoc, il faudra sans doute trier. A côté de vins sérieux, fruités, longs en bouche et intenses, d'autres paraissent à ce jour plats, courts, monocordes, voire amers en finale. Cette impression d'hétérogénéité se retrouve dans les vins de Côtes et les Bordeaux Supérieurs. A des prix souvent attractifs, ces vins constituent également pour l'amateur un étonnant réservoir de vins plaisir. De bonnes surprises se cachent chez les viticulteurs aux rendements mesurés, bons connaisseurs de leur terroir, et soucieux de qualité plus que de volume. En conclusion, il semble préférable de se garder de jugements hâtifs, et ce millésime qui ne fut pas si facile à faire n'est pas si facile à commenter. Beaucoup de vins rouges sont de bons classiques bordelais, harmonieux, sympathiques, souvent vifs et fringants ; d'autres auront sans doute besoin d'un élevage soigné et approprié pour gommer certains défauts. Les blancs sont généralement très réussis, et dans toutes les appellations, les plus grands terroirs ont encore une fois parlé avec éclat. Didier Ters.
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(appel gratuit depuis un poste fixe)
Du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h30
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